En conclusion

Nous achèverons ainsi ce travail en apportant une conclusion nuancée à notre propos, tentant de proposer une réponse à la question départ, qui portait sur l’éventuelle durabilité de l’IoT domestique dans le long terme. 

Ainsi, alors que l’implantation à court terme des innovations smart home dans les foyers semble désormais inéluctable, accompagnée par un certain enthousiasme des consommateurs à l’égard des promesses du secteur, les contours de celle-ci reste encore à dessiner. Passées nos recherches, nous pensons ainsi être en mesure d’envisager ce à quoi pourrait ressembler la maison connectée dans le futur, et quels éléments pourraient déterminer son éventuelle pérennité. 

Notons déjà que l’adoption de l’IoT domestique fait encore face à de nombreux freins chez les consommateurs, Le plus important étant sûrement la sécurité des données traitées par les appareils en question. Ainsi à l’avenir, les offres qui l’emporteront, et dureront dans le temps, devraient être les plus sécurisées, capable de rassurer un consommateur devenu légitimement méfiant et alerte face au danger. 

Techniquement, au-delà de la sécurité, le futur semble aussi nécessairement pencher vers une plus grande interopérabilité entre les différentes offres et marques smart home. Ainsi la maison connectée, pour délivrer tout son potentiel, se devra d’être ouverte à tous les protocoles, afin que le consommateur reste maître de ses choix, et surtout puisse bénéficier d’une expérience connectée autant fluide qu’intuitive. Aussi, l’interopérabilité permettra de proposer une maison intelligente plus évolutive, et donc forcément plus durable.

Commercialement, le secteur de la smart home pourrait bien être porté par deux principaux segments, concentrant les enjeux : la gestion de l’énergie domestique (propulsé par la volonté de faire des économies tout en bénéficiant de plus de confort), et la sécurité (grâce à la peur sur laquelle jouent parfois certaines offres). De l’aveu même de nos interviewés, les autres segment, qui pourtant attirent la lumière, pourrait rester de l’ordre du gadget. Globalement, les perspectives de développement s’annoncent néanmoins radieuses pour les entreprises, qui bénéficient déjà de l’image dynamique et futuriste dont le secteur est teinté.

Concluons néanmoins en rappelant que l’idée de la maison connectée dotée d’une intelligence artificielle capable de parler à ses hôtes et réfléchir à leur place, vue par beaucoup comme la panacée et l’achèvement ultime des innovations du secteur, fait encore peur aux consommateurs, qui semblent vouloir garder le contrôle de la situation. “La maison du futur, je n’en veux pas” indique en ce sens Pierre-Yves (entretien n°6). Au vu de ce constat, on est alors en droit de se demander si le plus gros frein au développement du secteur sur le long terme n’est pas simplement la frilosité de la demande, pas encore prête pour les bouleversements que promet l’IoT domestique dans son quotidien. Par extension, il pourrait être donc pertinent de reposer notre question dans quelques mois, voire dans quelques années, pour peut-être arriver à une conclusion bien différente.