Un marché bourgeonnant d’opportunités et de nouvelles tendances

Même si le marché encore naissant de la maison connectée est l’un des plus prometteurs du secteur de l’IoT, il reste très hétérogène à l’échelle mondiale. Quand certaines régions comme l’Amérique du Nord sont à la recherche de confort et d’optimisation de leur foyer, d’autres pays notamment en Europe pallient les pertes d’énergie dues à l’ancienneté de leur architecture. Dans des régions plus pauvres (Afrique ou certains pays d’Asie) avec un accès à internet limité et des prix plus élevés que des objets domestiques standards, le marché de la maison intelligente reste associé à un Luxe. Pour un réel développement du marché il reste à résoudre la question de standardisation et démocratisation de l’usage ainsi que la question de prix. Aujourd’hui le marché cible surtout les foyers qui ont le plus de moyens. Voici la première opportunité de marché à saisir afin d’uniformiser le marché des smart homes

Image à la une : une interface utilisateur virtuelle (Rfid-wiot-search.com)

Dans une approche centrée sur les zones sociaux-économiques déjà favorables à ce marché ( Etats-Unis, Canada, Europe, Asie Pacifique : Japon, Chine, Singapour…), les nouvelles tendances et opportunités bourgeonnent. Ici, les constructeurs domotiques évoluent dans un secteur en plein boom, en voie de standardisation et de plus en plus abordable. Plus simplement, ce marché devient de plus en plus accessible et connu des consommateurs. Un levier donc pour diversifier l’offre et changer les tendances.

Placer l’usager au cœur du système  

Au-delà de l’innovation technique et technologique les constructeurs font face à une évolution des métiers et du service au consommateur. La structure actuelle du marché implique une interaction entre des métiers différents et complémentaires favorisant l’émergence d’une véritable offre de service. Une offre positionnant l’usager au cœur du système. Les compétences des intégrateurs (installateurs électriciens domoticiens) ne peuvent plus se réduire à une approche technique de la domotique. Aujourd’hui les systèmes tendent à être centralisés, on parle de course à l’interopérabilité, de simplifier les protocoles, multiplier les systèmes de packs ou hub, pour autant le rôle des intégrateurs n’en reste pas moins indispensable.  

A l’heure actuelle, un grand nombre de systèmes sont près programmables et peuvent être déplacés (lors de déménagement) mais les clients ne savent pas toujours paramétrer ces systèmes ou les optimiser. Les intégrateurs peuvent ainsi personnaliser le paramétrage des systèmes. Une personne âgée peut préférer une commande vocale à un bouton par exemple. Le paramétrage intègrera aussi le rythme de vie, de vacances, les horaires de travail, le nombre de personnes vivant dans le foyer, les habitudes alimentaires… Autant de données que l’intégrateur utilisera pour fournir une prestation sur mesure et un conseil précieux. L’intégrateur aura également pour mission le suivi et le service après-vente. Les entreprises qui sauront fournir un service au-delà du produit seront les leaders de demain. 

Le lien entre le logement et la ville

Nous l’avions mentionné, c’est la course à l’interopérabilité. En effet les fournisseurs proposent des solutions interconnectées et multifonctionnelles ; quand l’intégrateur pouvait passer autrefois trois heures d’installation il n’en passera plus qu’une aujourd’hui.  Des caractéristiques qui permettent d’étendre le concept aux bâtiments et surtout aux villes – les smart cities

Le marché mondial des smart cities devrait atteindre 463,9 milliards de dollars d’ici 2027, une croissance de 24,7 % entre 2020 et 2027. Cette année 124 milliards de dollars devraient être dépensés (dans le monde) pour les smart cities selon le Worldwide Smart Cities Spending Guide de l’International Data Corporation (IDC). Ce chiffre représenterait une augmentation de 18,9 % par rapport aux dépenses de 2019. Une opportunité, donc, à ne pas rater pour les constructeurs !

Le concept de smart city a pour objectif de faire converger les besoins des citoyens et leurs devoirs civiques envers les villes. Selon la définition de la CNIL une smart city permet « d’améliorer la qualité de vie des citadins en rendant la ville plus adaptative et efficace, à l’aide de nouvelles technologies qui s’appuient sur un écosystème d’objets et de services connectés ». Une smart city se fonde sur six piliers (voir ci-dessous).

Dans la smart city du futur : 

  • L’assistant vocal de notre foyer sera en mesure « d’entendre » et reconnaitre des violences conjugales ou des maltraitances infantiles et pourra traiter cette information même si cela va à l’encontre du propriétaire mais en faveur du bien publique. 
  • Chaque appel lié à un accident domestique ou à de la délinquance sera automatiquement remonté par mail, sms, notification aux proches, au voisinage et autres personnes concernées par la situation. La smart home sera capable d’agir en conséquence : verrouillage des portes, fermeture des volets…
  • Les poubelles publiques seront dotées de capteurs afin de savoir quand les vider, les panneaux publicitaires, vitrines de magasin, lampadaires (et plus encore) seront équipés de capteurs afin d’adapter l’utilisation d’énergie à la fréquence de passage. 
  • Le marketing et la communication dans la rue sera décryptée et saura s’adapter à chaque moment de la journée, fréquence de passage, profils des passants en temps réel…
  • Toutes les dépenses d’énergie seront optimisées et le gaspillage énergétique éradiqué dans les bureaux, transports, magasins, lieux publiques…

Les critères de sécurité publique et de développement durable sont les plus attractifs pour les investisseurs et les villes elles-mêmes. Selon les prévisions déjà évoquées dans l’article 1, les parts de marché lié à la sécurité (sur le marché des smart homes) devraient augmenter de 28% d’ici 2022 et celle liées à l’énergie devraient augmenter de 41% (vs croissance globale du marché 13,3%). En effet la domotique pour la transition écologique représente une nouvelle opportunité pour les constructeurs. 

L’éco domotique

Dans le futur, les maisons intelligentes seront déjà adaptées à des usages plus verts ou alors ce seront les objets domotiques qui nous permettront de transformer nos maisons classiques en maisons intelligentes de plus en plus vertes. Ce que nous appellerons l’éco domotique regroupe toute application du marché de l’IoT domestique pour une transition écologique. Beaucoup d’entreprises ont déjà saisi cette opportunité en développant notamment des thermostats connectés (Honeywell, Netatmo, EDF) ou encore des applications purement dédiées à l’environnement comme les ruches connectées (Hostabee). 

Le chemin à parcourir est encore long, les entreprises du secteur doivent aller plus loin dans leur démarche. Encore faut-il que les consommateurs soient prêts. Si certains pensent que l’éco domotique peut permettre d’évoluer vers une transition écologique à moindre coût d’autres ne souhaitent pas investir et sont réticents aux protocoles connectés (voir partie 2).

Une opportunité à saisir également pour les villes dans un objectif de réduire leur émission de Co2, leur facture énergétique et consommation d’eau notamment. Pour les fournisseurs d’éco domotiques l’enjeu serait de changer leur cible. Cibler les municipalités ou les constructeurs immobilier afin d’équiper directement les logements.  Installer des panneaux solaires sur chaque nouveau bâtiment construit et proposer un service complet permettant de revendre sa capacité énergétique à son voisin, à des magasins ou bureaux par exemple. Changer en fait d’approche pour pré équiper tous les logements, une chance à saisir dans l’éco domotique.

L’E-Santé

La santé devient elle aussi connectée et nous pouvons gérer, depuis chez nous, de plus en plus de sujets relatifs à la santé. L’E-Santé est une application du marché de la maison intelligente que les fabricants sous estiment. La santé est peu représentée voire non considérée dans le marché des smart homes et pourtant il existe une multitude d’objets et applications connectés directement intégrés au logement. 

De la même manière l’accompagnement des personnes âgées est un enjeu de développement important pour bien des individus au cœur de l’industrie de la smart home. Beaucoup de possibilités s’offrent aux fabricants du secteurs afin également d’éviter l’isolement des personnes âgées (co-housing, Kangaroo homes…)

Autant de projets qui ne profitent pas seulement aux clients finaux mais aussi aux infrastructures d’une ville, à leur système de santé. Une personne seule et isolée coûte en effet plus cher à l’État qu’une personne entourée. Même si nous sommes conscients de ces enjeux, reste aux fournisseurs à faire accepter que les smart homes du futur puissent pallier ces problématiques d’isolement et de santé. 

Bien évidemment toutes ces opportunités sont extensibles et illimitées mais à toute innovation « intelligente » se posera la question de la sécurité des données et des risques engendrés par le traitement de celles-ci. L’enjeux de sécurité et nous le verrons dans l’article suivant est majeur dans l’évolution de ce marché. 

Bibliographie

Smart Home : un marché prometteur à long terme. (2017). Consulté sur : https://fr.idate.org/smart-home-juin-2016/ 

[Interview] Smart home, futures opportunités de marché et tendances. (2019). Consulté sur : https://bit.ly/350lPJ8

SMART BUILDING ALLIANCE. (2020). CONVENTION SMART HOME : QUEL AVENIR POUR LES INTÉGRATEURS SMART BUILDING ? Consulté sur : https://www.smartbuildingsalliance.org/convention-smart-home-quel-avenir-pour-les-integrateurs-smartbuilding 

Smart city | CNIL. (2020). Consulté sur : https://www.cnil.fr/fr/definition/smart-city

[Image]. (2020). Green IoT. Consulté sur : https://www.rfid-wiot-search.com/images/stories/EM-microelectronic-augmented-rfid-powers-green-iot-solutions_full.jpg

[Interview] Avec Karim, Directeur comptes clés chez Huawei