Qui sont les utilisateurs d’IoT domestique ?

Cisco caractérise l’ambivalence qui réside autour des objets connectés à usage domestique comme le “paradoxe valeur/confiance de l’IdO” – les consommateurs ont l’intention de continuer à utiliser les dispositifs IdO malgré les risques qu’ils présentent pour leur sécurité, entre autres. Néanmoins, en France le marché des objets connectés est passé d’une valeur de 150 millions d’euros en 2014 à 1400 millions d’euros en 2018 ; il existe donc un nombre croissant d’utilisateurs français d’IoT. Qui sont-ils ? Ont-ils un profil particulier (âge, genre, CSP…) ? 

Image à la une : un appareil Amazon Echo vu du dessus (Andres Urena – Unsplash)

Quel est le profil des utilisateurs d’IoT domestique ?

Une étude économique menée par le gouvernement français intitulée “Marchés des objets connectés à destination du grand public” a pu recenser l’équipement en objets connectés à usage domestique en fonction de l’âge de l’échantillon interrogé. 

Équipement en objets connectés en fonction de l’âge (n=2000)

Dans la majorité des cas, ce sont les 25-34 ans qui sont le plus équipés en objets connectés, qu’il s’agisse de wearables (montre, bracelet) mais également de dispositifs smart home (volet, alarme, frigo…). Les 15-24 ans les rattrappent pour des objets liés au divertissement : HiFi, Jouet. Les 35-49 ans quant à eux se démarquent concernant l’acquisition de thermostats connectés. On peut également constater que le marché des objets connectés à usage domestique est un marché de remplacement, puisque tous ces dispositifs existent sans qu’ils soient nécessairement connectés, ce qui explique que les consommateurs soient plus lents à passer à l’acte d’achat que sur d’autres marchés, qu’ils possèdent déjà dans la plupart des cas. 

Lien entre connaissance, possession d’objets connectés et profil de l’utilisateur (n=1002)

Une étude réalisée par OpinionWay intitulée “Les Français et les objets connectés” nous montre quant à elle que les utilisateurs d’objets connectés sont à 60% des hommes, favorisés (34% de CSP+) et diplômés (83% ont un niveau d’études supérieur au niveau baccalauréat).

Il est possible de créer une typologie d’utilisateurs d’objets connectés en fonction du cycle de vie du produit et la loi d’Everett Rogers sur la diffusion d’une innovation. Il distingue cinq groupes d’individus, en fonction de leur appréhension, leur consommation et leur possession de l’innovation en question. L’idée ici est de créer des clusters d’utilisateurs et/ou de non-utilisateurs partageant les mêmes caractéristiques pour pouvoir établir des profils types, utiles au service marketing d’une entreprise d’objets connectés, par exemple. Néanmoins, ces profils ne sont ni exhaustifs, ni immuables. 

Peut-on créer une typologie des utilisateurs d’IoT domestique ? 

Loi d’Everett Rogers : la diffusion de l’innovation

Premièrement, les novateurs : Intéressés par l’actualité technologique, ils sont qualifiés, et possèdent plusieurs objets connectés, suivent les tendances du marché et sont à l’affût des dernières innovations lancées. Ils ont une crainte faible liée à la perte de confidentialité (même si ils sont conscients qu’un risque existe) et ne pensent pas que les objets connectés sont un énième gadget – bien au contraire. Benoit (entretien n°1) en fait partie : “Les objets connectés sont loin d’être futiles, ou d’être un gadget. Ils ne sont pas juste un effet de mode, mais ils mettent du temps à se développer car beaucoup de freins existent.” Pour ce qui relève de la sécurité des données, Benoit a confiance en ses appareils, même s’il se dit “volontairement naïf”. 

Le second groupe est constitué des premiers adoptants : Ils sont au fait de l’existence des objets connectés, en possèdent, mais ont plus de craintes liées à la sécurité de leurs données que les pionniers, même si elles restent limitées. Jean-Philippe (entretien n°4) en fait partie : Il possède trois smart TVs et une caméra connectée, mais dit avoir atteint “un seuil de saturation” en terme de quantité de contenus personnels partagés.

La majorité précoce est peu équipée, sait ce qu’est un objet connecté mais beaucoup de freins subsistent : la crainte liée à la divulgation des données, le prix, la difficulté d’utilisation en font partie. Cette majorité peut parfois faire l’acquisition sur les conseils d’une personne de son entourage, par exemple. Pierre-Yves (entretien n°6) en fait partie : il n’a pas envie d’acheter une enceinte connectée car ne veut pas être écouté “en permanence”. Il reconnaît qu’il y a peut-être “un aspect générationnel”.

Le quatrième groupe est la majorité tardive, elle n’est pour l’instant pas équipée en objets connectés, dispose de peu d’informations, et est très sensible au frein concernant la sécurisation des données. Elle pourrait s’équiper à moyen terme si elle était rassurée et voyait plus de moteurs à l’achat. 

Enfin, la garde est complètement opposée aux objets connectés, ou alors ne dispose pas d’informations sur ceux-ci. Cette catégorie n’a pas d’intentions d’achat car les freins sont trop nombreux. Elle regroupe des personnes plutôt âgées, qui estiment que l’IoT est un énième gadget.

Bibliographie

Prospective : Marchés des objets connectés à destination du grand public. (2018). Consulté sur : https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/etudes-et-statistiques/prospective/Numerique/2018-05-24-Etude-objets-connectes.pdf

Dossier Statista sur les objets connectés. (2019). Consulté sur : https://fr.statista.com/etude/35552/les-objets-connectes-dossier-statista/

La loi d’Everett Rogers. (2019). Consulté sur : https://labokhi.ch/fond/loi-devrett-rogers/

Etude : Les Français et les Objets Connectés. (2016). Consulté sur : https://www.opinion-way.com/fr/sondage-d-opinion/sondages-publies/les-francais-et-les-objets-connectes-avril-2016-distree-connect-days/viewdocument/1380.html